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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:42

Vendredi 11 février 2011 – Reggio di Calabria (Italie).

 

IMG_0696Nous quittons Vulcano pour poursuivre vers l’Est, pour une des étapes les plus originales de notre périple : le passage du détroit de Messina. Dans notre sillage, Lipari que nous n’aurons qu’aperçue.

 

Et c’est parti pour une navigation tout au moteur - le grand anticyclone étant toujours au-dessus de nos têtes.

 

 

IMG_0706Rien de très intéressant jusqu’à la rencontre d’un tanker à l’ancre devant l’entrée du détroit.

De quoi se faire des sensations en voyant les petites éraflures le long du bulbe, à l’avant du navire.

 

 

 

 

 

 

IMG_0723La météo commence à devenir bizarre quand se profile le Capo Peloro. Nous cherchons des yeux la pièce de bois annoncée sur le Navtex quelques jours auparavant. Il y a bien quelques branches et un pneu qui flottent, mais rien de dramatique. Soudain, un bruit fait sortir de la cabine le commandant en second : un petit rondin (bien 2m de long) s’échappe dans notre sillage. On serre les dents. Quelques minutes plus tard, deux sons plus forts : on aurait encore heurté quelque chose. Un œil sur le GPS pour confirmer : nous avons perdu presque toute notre vitesse. Moteur au point mort, nos yeux cherchent dans l’eau sans trouver. Faisant le tour du bateau, nous apercevons le coupable : un beau madrier niché sous la quille tribord (KALINU est un bateau “bi-quille”). Comme notre étrave arrive juste à la surface de l’eau et le madrier aussi, il a pu se glisser sans heurter la première violemment et glisser en relative douceur jusqu’à la quille. Le lasso échoue à l’en déloger, la gaffe l’expulse avec difficultés, mais définitivement. La chose flotte à peine, sans dépasser sur l’eau, quasi-invisible par ce temps couvert. Nous nous en sortons bien, car elle n’a pas pu aller taquiner le moteur.

 

Belle mise en condition alors que nous arrivons dans un souk incroyable de navires de toutes sortes, dans une météo qu’il faut toujours redouter et mal pavé de remous dont nous savons pas jusqu’à quel point ils pourraient nous causer des ennuis. La lecture du guide nautique suffirait à décourager n’importe quelle personne raisonnable d’aller mettre son étrave par là.

Le vent se met à souffler par rafales, je reste au moteur pour ne pas avoir à gérer les empannages en plus du trafic, nous poussant vers le Sud-Ouest, un fort courant nous assure un bon Nd supplémentaire. Heureusement que l’on descend vers le Sud-Ouest et pas l’inverse !

 

imageEn bas, à la table à carte, la navigatrice-commandant-en-second à forte affaire avec l’AIS. C’est un enchevêtrement incompréhensible de navires qui montent (surtout), descendent (moins), ou traversent entre le continent et la Sicile (vite). On aurait envie de fermer le PC, mais on ne le fait pas; on coupe juste le son des alarmes, incessant sinon. Pour ceux qui s’y intéressent : l’AIS indique parfois une direction opposée à la direction réelle du navire rencontré ; il semble que le cas se rencontre uniquement avec les bacs qui ont une étrave à chaque extrémité. Par ailleurs, les bâtiments militaires et des forces de l’ordre n’apparaissent pas à l’écran, ajoutant un peu de complexité.

 

IMG_0744 La VHF bat son plein. Il doit y avoir, de surcroît, un langage codé entre marins pour que tout ce trafic arrive à s’écouler sans trop de drames.

Nous pointons maintenant sur Reggio, l’escale locale la moins déconseillée par nos amis, ce qui nous oblige à couper la ligne de séparation du trafic. Heureusement, le trafic est maintenant moins dense. Nous hissons un bout de génois pour profiter du vent qui souffle, et même un peu plus qu’on ne voudrait. Pour entrer dans le bassin de Reggio, nous avons un bon 20 Nd avec rafales et, bingo, tous les emplacements libres sont à négocier avec le vent de travers. ARGHHH ! Personne ne répond à la VHF. Un tour, deux tours, trois tours de reconnaissance, rien. On repart… et un sifflet sur la digue. Un homme nous fait signe, puis nous indique une place. OK, sa VHF est en panne. Montrant qu’il avait saisi mes préoccupations intérieures, il sort de l’eau un bout qui semble être une pendille. Reste à garer  l’engin. Je vois donc une pendille d’un côté et le bateau qui ne tient pas le travers par ce vent. On finit par y arriver en s’aidant un peu avec un bout tenu du bateau voisin, qui maintient notre étrave dans l’axe (OK, pas très orthodoxe). Reste à frapper la pendille. Celle-ci n’en finit pas d’être trop longue; j’en sors des mètres et des mètres et voilà un peu de résistance et le bout qui plonge vers l’avant. On y est ! Ca semble beaucoup bouger avec les navires de passagers et de marchandises qui entrent et sortent du bassin principal, mais, le soir, tout cela se calme assez vite. Il n’y a bien sûr pas âme qui vive dans le bassin, à part le gardien dans sa cahutte, sympa et il parle un peu anglais. Je lis mes mails et lui joue au poker, chacun devant son PC. Je lui demande si les nuits sont calmes. Il me répond que oui, que la police, la capitainerie et les gardes-côtes sont tous logés dans les bâtiments voisins. Les trains, les poids lourds nous rappellent que le secteur est très actif économiquement. Les messages diffusés dans la gare de manière incessante peuvent être une façon d’apprendre l’Italien. Nous n’avons pas pris de photos, zut !

Le lendemain matin, nous réglons les affaires courantes après une nuit réparatrice et hop, direction Taormina, palmiers et palaces.

Cela faisait 2 mois que nous n’avions pas mis le pieds sur le continent. Le temps passe vite dans les îles.

 

A bientôt.

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